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ÉGLISE DE L'IMMACULÉE CONCEPTION ------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 12ème au 13ème - 16 et 17ème siècles Pierre Rue de l'Eglise (I. M. H. 1989) Cette église connaît plusieurs étapes de construction et fait l'objet de multiples remaniements. Le chœur, la croisée de transept et la tour sont bâtis au XIIème et au début du XIIIème siècles, et le transept au XIVème siècle. Les voûtes de la nef sont reconstruites en 1606, et le portail remanié dans le courant du même siècle. Massive et imposante par ses murs largement surélevés, cette église avait autrefois une fonction défensive, comme en témoigne la bretèche qui surmonte le portail d'entrée. Inscrite à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en totalité (29 janvier 1989). L'église est bâtie en terrain plat au milieu de la vallée de l'Ornain et au cœur du village. ------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Construction : La date de la construction n'est pas connue, le chœur a dû être construit à l'époque romane, vers le XII° siècle. Vers 1830, il se trouvait dans le clocher une cloche portant, paraît-il, le millésime de l'an 1000. Elle a dû servir de refuge : on y voit encore des mâchicoulis. Les seigneurs y étaient inhumés, mais les plaques commémoratives ont été enlevées à la Révolution. On voit, au milieu du maître-autel, une statue de la Vierge en Assomption qui était, dit-on, le portrait de la baronne de Tronville. La seule nef a été reconstruite en 1606 dans le style ogival flamboyant: cette date figure sur une des pierres de la voûte. ------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Extérieur : Le clocher d'époque romane est soutenu par 4 piliers massifs; il s'élève au-dessus du transept. Les combles de la nef et du chœur ont été sérieusement équipés défensivement. Les murs de la nef ont été surélevés, la différence d'appareil (pierres de taille pour la base, maçonnerie de moellons bruts pour la partie surélevée) est très visible; les murs du chœur ont été également surélevés, mais tout est en pierre de taille et on ne distingue pas la reprise. Dans la partie supérieure, on a percé des fenêtres à mantelets; quelques-unes ont été murées depuis, mais les corbeaux sont à peu près tous en place. Il y a en tout 14 fenêtres: _ 2 sur la façade. _ 3 sur le côté gauche de la nef. _ 2 sur le côté droit de la nef. _ 2 sur le côté gauche du chœur. _ 2 sur le côté droit du chœur. _ 3 réparties sur le pourtour polygonal du chœur. 2 bretèches: - 1 au-dessus de la porte de la façade. - 1 au-dessus d'une porte latérale sur le côté droit de la nef (maintenant murée). Cette bretèche a d'ailleurs disparu, il n'en reste qu'un large ébrasement percé dans le mur et resté béant; mais, chose curieuse, les corbeaux de soutien de cette bretèche ont eux-mêmes disparu: cette bretèche a-t-elle jamais été terminée ? La tourelle d'escalier porte deux petites fenêtres qui ont pu servir aussi de meurtrières. La porte est extérieure à l'église. Chose curieuse: les contreforts sont coiffés de dalles de pierre ornées de boulets de canon. De ci, de là, de petites ouvertures ont dû être percées pour servir de meurtrières. Travail d'ensemble important, révélant l'action de l'autorité Seigneurale ou même ducale. Signalons également l'oculus de l'armoire eucharistique. ------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Intérieur : Dans la nef, une belle statue de Sté-Barbe, en pierre peinte, datant du XV° siècle. Son socle garde encore, en caractères gothique le nom du donateur garde le nom du donateur: "DNUS JOH. JOHET CATHALAUN. CANONICUS : ex hac villa oriundus, me dedit". Ce qui veut dire : "Messire Jean Johet, chamoine de Châlons, originaire de ce village (Tronville) m'a donné". Mgr Aimond l'a fait classé par les Beaux Arts en 1911. En juin 1911, les travaux de restauration entrepris par M. Gustave JACQUOT à l'intérieur de l'église y faisaient découvrir sous le badigeon, deux fresques du Moyen-age. Voici ce que Mgr Aimond en dit dans les Mémoires de la Société des gens de lettres, sciences et arts (Bar, 4ème série, tome IX, p.CI) Elles forment deux larges panneaux qui s'étendent sur les murs de l'abside, de chaque côté du maître-autel; malheureusement, celui-ci les cache en grande partie, derrière son lourd et prétentieux retable, et elles ne sont éclairées que par une seule et étroite fenêtre. D'autre part, les ouvriers chargés de renouveler le badigeon, ignorant l'existence de peinture à cet endroit, ont détruit une partie de la fresque située du côté de l'épître. L'interventi opportune de M. le Curé a pu sauver les restes de cette peinture, avec la presque totalité de celle du côté de l'Évangile. Celle-ci surmonte le repositoire en armoire eucharistique dont il a été parlé. Dans un large cadre formé de petites croix, sur un fond parsemé de fleurs dentelées, se détache la scène de l'Annonciation. La Vierge est représentée debout, le front nimbé, les bras modestement croisés sur la poitrine. A sa droite, l'ange Gabriel est agenouillé, à côté d'un bouquet de lys. L'action de l'Esprit Saint est indiqué par des rayons, qui, du haut du cadre, se dirigent vers la Vierge. Sur des banderoles, on peut encore lire les paroles de la salutation angélique: AVE VIRGO DNUS TECUM. Les tons ocre et jaunes dominent dans cette peinture qui vaut surtout par la naïveté charmante des détails. A gauche de la Vierge, dont il est séparé par une large bordure, se tient un saint Évêque. Il est revêtu d'une chape; sa tête nimbée est ornée d'une mitre et il tient une crosse dans la main gauche. Il est fâcheux que le mauvais état de la fresque ait rendu illisible le nom de ce personnage. Nous inclinerions à croire qu'il s'agit de Saint-augustin, ou peut-être d'un Saint Évêque de Toul. En effet, avant la Révolution, l'église N.-D de Tronville appartenait au diocèse de Saint Mansuy et sa cure dépendait des chamoines réguliers de St-Léon de Toul. Quant à la peinture placée du côté de l'épître, sur un plan légèrement inférieur à celui de la fresque qu'on vient de décrire, elle a été très maltraitée lors de l'enlèvement du badigeon. La partie inférieur a complètement disparu. Toutefois on y peut reconnaître un groupe de 6 personnages, dont 3 sont nimbés. Nous pensons que la scène représente l'Adoration des Mages. En effet au centre du panneau, on distingue assez bien l'Enfant Jésus couché dans la crèche entre St-joseph placé à sa droite et la Vierge debout à gauche. Les 3 autres personnages sont probablement les Mages. En effet, l'un d'eux porte une énorme coiffure en forme de tiare ou plutôt de turban. On peut faire remonter ces deux fresques au XV° siècle, époque d'une reconstruction partielle de l'église. D'ailleurs l'artiste, en plaçant la scène le l'Annonciation au-dessus de l'armoire eucharistique, a certainement voulu ménager ce petit monument, qui date du début du XV° siècle. Peut-être a t il voulu établir un rapport symbolique entre l'Incarbation et l'Eucharistie. Ces fresques sont du même style que les peintures de la crypte de la cathédrale de Verdun, dont l'attribution au dernier siècle du Moyen-age paraît incontestable. Dans leur état actuel (1911), les peintures de Tronville forment un spécimen intéressant d'une décoration devenue bien rare dans nos églises barroises. Rien ne menace actuellement les fresques de Tronville et , malgré leur dégradation, elles contribuent plutôt à la décoration du sanctuaire. Il serait bon d'en prendre des photographies. Statues données par Jeanne Lamblot, épouse Chaupin. St-Antoine: François Huck. Comme objet ancien, signalons encore un calice de vermeil, daté de 1774 et sur le pied duquel on lit : AVIT, JEAN BAPISTE BUZY, AUZEVILLE, probablement le nom du donateur. En tout cas ce n'est pas le nom d'un curé de Tronville qui serait né à Auzéville, car en 1774, le prêtre desservant Tronville s'appelait Nicolas CHARPENTIER, né à LIgny en 1730 et mort le 21 avril 1784. ------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Inhumations (15 inhumations dans l'église) - 10 février 1709: Gruyer Marie-Anne (18 ans) fille de Jacques Gruyer.(devant l'autel) - 31 janvier 1713: Jacques Gruyer (6 ans) fils de Jacques Gruyer et Françoise Garodel.(auprès de la chapelle du Rosaire) - 28 avril 1731: Jacques Gruyer (77 ans) substitut du procureur général de Bar. - 25 décembre 1736: Françoise Garodel, veuve Gruyer (70 ans). - 31 octobre 1754: Paul Gruyer, procureur fiscal en la prévôté de Tronville (51 ans). - 24 février 1755: Françoise Gruyer, veuve de Paul Gruyer (50 ans). - 1er mai 1716: Marie Droux, veuve de Claude Serrier (80 ans). - 31 août 1725: Jacques Burlereaux (60 ans).(dans la nef) - 27 février 1727: Hélène Gallois, veuve de Jacques Burlereaux (60 ans).(dans la nef) - 21 septembre 1728: Marguerite Denoudon, épouse de Jean Ménissi (67 ans).(devant autel chapelle du Rosaire) - 7 septembre 1747: Henry Regnault, né à Bar, profès en 1688, prêtre en 1694, nommé à Tronville le 18 décembre 1702. A résigné à cause de ses infirmités en faveur du suivant le 8 avril 1745. Mort à 80 ans. - 12 octobre 1750: Jean Ménissier (52 ans). - 3 janvier 1750: Alexandre Joseph de la Cour (58 ans).(dans la chapelle St-Eloi) mention: père du curé; mais par ailleurs: Jean François de la Cour, curé, né à Marville, fils de Paul de la Cour. - 20 mai 1742: Thérèse Du Tertre (20 ans) fille de Charles Du Tertre. Conseiller au Parlement de Metz, baron de Tronville.(dans la chapelle du Rosaire) - 1er mars 1755: Jeanne Gabrielle Du Tertre (7 mois) fille d'Antoine Louis Du Tertre (1721-1789). ------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Reliquaire : Un reliquaire en bois de 1789 avec authentique reliques des Saints: Lucidien Tranquille - Honoré le Félicissime - Prospérat. ------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Cloches : Deux cloches (1924) poids moyen, bénites en 1846. ------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Projet d'agrandissement : Le 6 novembre 1902 a été dressé un devis descriptif et estimatif des travaux à exécuter au compte de la commune de Tronville pour l'agrandissement de l'église; un mémoire explicatif accompagne ce devis: "La Commune de Tronville possède une ancienne église fortifiées datant du XV° siècle. Elle a été saccagée depuis à diverses reprises et notamment dans le chœur. L'ancien clocher a été démoli et reconstruit au commencement de ce siècle. Cette église est devenue tout à fait insuffisante par suit de l'accroissement continu de la population, accroissement à l'installation et au développement d'une industrie prospère dans le pays. Les habitants de la Commune étant attachés à leur vieille église par des souvenirs historiques ont voulu la conserver et greffer la nouvelle église sur l'ancienne. C'est l'objet du projet que nous avons l'honneur de présenter. La nouvelle église sera établie dans l'axe du transept actuel, comme l'indique le plan, et l'entrée se trouvera sur la face opposée vis-à-vis la rue conduisant aux écoles. La population augmentant d'année en année, nous avons dans le projet indiqué le plan complet de l'église à construire dont la nef et les bas-côtés sont seules compris dans le devis, les ressources de la Commune ne lui permettant pas d'exécuter le tout en une fois. Les arcades de la nef et des bas-côtés seront bouchés provisoirement par un mur en briques qu'on démolira plus tard quand l'encaisse de la Commune permettra l'achèvement de l'église. Les dessins, le devis et le cahier des charges donnent tous les renseignements désirables pour l'exécution de ce travail. Bar-le-Duc, le 6 novembre 1902, Signé: Charles ROYER, architecte." Le devis s'élevait à la somme de 37 106,42 F ------------------------------------------------------------------------------------------------------------- BAIE 15 et 16ème siècles Pierre Eglise de l'Immaculée Conception (I. M. H. 1989) Cette église fortifiée conserve de nombreux éléments d'architecture militaire. Le chœur et la nef sont surmontés d'un étage de défense, le comble, percé de quatorze fenêtres à mantelets. Le mur sud du comble est largement ouvert par cette baie destinée, en période de guerre, à l'acheminement des matériaux et des objets volumineux dans les combles où se réfugie la population. Les glacis supérieurs des contreforts sont décorés de boulets en pierre.
MONUMENTS HISTORIQUES CLASSÉS : ------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Statue : Sainte Barbe à Tronville-en-Barrois (55) Catégorie : Sculpture Edifice de conservation : église Matériaux : Calcaire polychrome Cette sculpture méconnue se distingue surtout par la grande finesse des mains, la douceur du visage et la chevelure descendant le long des épaules. L'artiste a également apporté beaucoup de soin au rendu des plis de la robe et du manteau. Sainte Barbe s'appuie contre la tour où son père la garde prisonnière. Le nom du sculpteur est inconnu, mais celui du donateur est inscrit en caractères gothiques aux pieds de la statue. Inscription : inscription concernant le donateur (latin) Précision inscription : Inscription (sur le socle) : Dominus Jo Johet Catalaunensis canonicus ex hac villa oriundus me dedit. Il s'agit de Jean Johet, chanoine de Châlons, originaire de Tronville. Siècle : 4e quart 15e siècle Date protection : 1911/09/30 : classé au titre objet Statut juridique : propriété de la commune Type d'étude : liste objets classés MH Copyright : (c) Monuments historiques, 1993 Référence : PM55000626 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Calice style baroque Louis XV à Tronville-en-Barrois (55) Catégorie : Orfèvrerie Edifice de conservation : église de l'Immaculée-Conception Matériaux : argent : doré Description : Calice à fausse coupe. Dimensions : h = 25,5 Inscription : date ; poinçon (non identifié) ; poinçon (partiellement illisible) ; inscription Précision inscription : Date (sur la tranche du pied) : 1774. Poinçon : HV. Poinçon à moitié effacé : lion. Inscription plus tardive (sur le pied, en bas) : AVIT JEAN BAPTISTE BUZY D'AUZEVILLE 1804. Siècle : 3e quart 18e siècle Date(s) : 1774 Historique : Ce calice, de facture germanique, fut exécuté vraisemblablement à Trèves. Il ressemble à un calice de Sierck-les-Bains (cf. Images du Patrimoine, 1987). Date protection : 1988/05/02 : classé au titre objet Statut juridique : propriété de la commune Type d'étude : liste objets classés MH Copyright : (c) Monuments historiques, 1993 Référence : PM55000627 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Eglise de l' Immaculée Conception à Tronville-en-Barrois (55) Catégorie : église Propriété de la commune date protection MH : 1989/01/20 : inscrit MH Eglise de l' Immaculée Conception (cad. C 429) : inscription par arrêté du 20 janvier 1989 observations : Eglise fortifiée type d'étude : Recensement immeubles MH N° notice : PA00106642 © Monuments historiques, 1992
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